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Guide · Étiquetage

Étiqueter un miel : la nouvelle règle d'origine depuis le 14 juin 2026

Les mentions « mélange de miels originaires de l'UE » et leurs variantes ont disparu. Depuis le 14 juin 2026, un pot de miel issu de plusieurs provenances doit porter tous les pays de récolte, dans le champ visuel principal, par ordre décroissant de poids, avec le pourcentage de chacun. La France n'a pas retenu la simplification que la directive autorisait.

Lecture 7 minVérifié le 14 août 2026

Ce qui a changé au 14 juin 2026

AvantDepuis le 14 juin 2026
Miel d'un seul paysPays de récolteInchangé
Mélange, conditionné en FrancePays listés, sans pourcentagePays + pourcentage de chacun
Mélange, conditionné hors France« Mélange de miels originaires de l'UE » suffisaitMentions génériques supprimées
Emplacement de l'origineLibre sur l'étiquetteChamp visuel principal

Les pots mis sur le marché ou étiquetés avant le 14 juin 2026 restent commercialisables jusqu'à épuisement des stocks. Base : décret n° 2026-312 du 24 avril 2026, qui transpose la directive (UE) 2024/1438.

Si votre miel vient d'une seule origine

C'est le cas de la quasi-totalité des apiculteurs français, et rien n'a changé pour eux.

L'origine se mentionne simplement :

Origine France

Récolté en France

Produit en France

L'indication doit correspondre au pays où le miel a été récolté, pas au lieu de conditionnement. Un miel récolté en Espagne et mis en pot en France est d'origine espagnole.

Les précisions facultatives

Rien n'interdit d'aller plus loin : origine florale ou végétale, régionale, territoriale, topographique.

Miel de châtaignier des Cévennes

Miel de lavande de Provence

Ces mentions sont libres, à condition d'être exactes. Un « miel de châtaignier » suppose que le miel provienne essentiellement de cette origine florale.

Si votre miel est un mélange : la règle a changé

C'est l'objet de la réforme, et elle est stricte.

Ce qui est désormais obligatoire

Tout pot contenant un mélange de provenances doit faire apparaître :

  • tous les pays de récolte, sans exception
  • dans le champ visuel principal de l'étiquette
  • par ordre décroissant de poids
  • avec le pourcentage exact que chacun représente dans le mélange

Avant — supprimé

  • Mélange de miels originaires de l'UE
  • Mélange de miels non originaires de l'UE
  • Mélange de miels originaires et non originaires de l'UE

Depuis le 14 juin 2026

Mélange de miels originaires de France (60 %), d'Espagne (25 %) et d'Italie (15 %).

Ce qui a disparu

Ces formulations génériques permettaient de vendre un miel sans que le consommateur sache s'il venait d'Ukraine, d'Argentine ou de Chine. C'est précisément ce que la directive a voulu supprimer : le miel figure parmi les produits alimentaires les plus fraudés au monde.

Les petits pots

Pour les contenances inférieures à 30 g, les noms de pays peuvent être remplacés par les codes ISO à deux lettres (FR, ES, IT…). Cette simplification ne vaut que pour les noms : les pourcentages restent obligatoires.

La marge de tolérance

Une marge d'erreur de 5 % est admise sur chaque part individuelle, appréciée à partir de vos documents de traçabilité.

Cette tolérance ne dispense pas de la traçabilité : c'est elle qui justifie le pourcentage annoncé. Vos documents doivent permettre de reconstituer la composition du lot.

Le point que beaucoup de sites publient à tort

La directive (UE) 2024/1438 laisse aux États membres une possibilité de simplification : pour un mélange de plus de quatre origines, n'indiquer que le pourcentage des quatre parts les plus importantes.

La France, en accord avec la filière, n'a pas retenu cette flexibilité. Sur le marché français, tous les pourcentages doivent figurer, quel que soit le nombre de pays.

Plusieurs sites spécialisés en apiculture publient la règle des quatre parts comme si elle s'appliquait en France. Elle ne s'applique pas. Un conditionneur qui s'y fierait serait en infraction.

Cette différence compte surtout pour les conditionneurs et les opérateurs qui assemblent des lots de plusieurs origines. Un apiculteur qui vend sa propre récolte n'est pas concerné.

Les dénominations réglementées du miel

Le décret du 30 juin 2003 réserve la dénomination « miel » et définit ses variantes.

DénominationCe qu'elle désigne
Miel de fleurs ou miel de nectarObtenu à partir du nectar des plantes
Miel de miellatObtenu à partir des sécrétions déposées sur les parties vivantes des plantes
Miel en rayonStocké par les abeilles dans les alvéoles operculées d'un rayon récemment construit, et vendu tel quel
Miel avec morceaux de rayonMiel contenant un ou plusieurs morceaux de miel en rayon
Miel égouttéObtenu par égouttage des rayons désoperculés
Miel centrifugéObtenu par centrifugation des rayons désoperculés
Miel presséObtenu par pressage des rayons
Miel filtréDont une partie des matières organiques ou inorganiques a été éliminée par filtration

Le principe fondamental

Rien ne peut être ajouté au miel, rien ne peut en être retiré, hors les procédés définis par le décret. Un produit additionné de sucre, de sirop ou d'arôme n'est plus un miel et ne peut pas porter cette dénomination.

C'est ce qui rend l'étiquetage du miel simple sur le fond : il n'y a qu'un ingrédient.

L'étiquette complète d'un pot de miel

Récapitulatif des mentions obligatoires :

MentionPrécision
Dénomination« Miel », ou dénomination précisée selon le décret
OriginePays de récolte. Pour un mélange : tous les pays, ordre décroissant, pourcentages, champ visuel principal
Quantité netteEn grammes
DDMDDM — « À consommer de préférence avant fin… »
Nom et adresse de l'exploitantSous le nom duquel le miel est commercialisé
Numéro de lotSauf si la DDM comporte le jour et le mois
Conditions de conservationSi nécessaires
Liste des ingrédientsNon requise : le miel est un produit à ingrédient unique dont la dénomination désigne l'ingrédient
Tableau nutritionnelSauf exemption vente directe
AllergènesAucun dans un miel pur ; à vérifier en cas d'ajout — ce qui fait sortir de la dénomination « miel »

La liste des ingrédients

Elle n'est pas exigée. L'article 19 du règlement INCO range le miel parmi les produits dispensés de liste : les denrées à un seul ingrédient dont la dénomination est identique au nom de l'ingrédient, ou permet de le déterminer sans confusion.

Un pot vendu comme « miel de lavande » n'a pas besoin de liste.

Le tableau nutritionnel

L'apiculteur qui vend sa propre récolte, en faibles quantités, directement au consommateur ou à un détaillant local, relève de l'exemption en vente directe prévue à l'annexe V du règlement INCO.

Dès qu'il élargit sa distribution ou porte une allégation, le tableau devient obligatoire — il faut alors calculer vos valeurs nutritionnelles.

La taille de caractère

1,2 mm de hauteur de x. Un pot de 250 g dépasse 80 cm² de surface : le seuil réduit de 0,9 mm ne s'applique pas.

Sur un pot de 125 g ou une mignonnette, le calcul peut faire basculer sous le seuil. Faites-le avec la taille de caractère et son calculateur avant de réduire la police.

Les erreurs les plus fréquentes

Conserver une mention générique. « Mélange de miels originaires de l'UE » n'est plus admis depuis le 14 juin 2026.

Appliquer la règle des quatre parts. La France ne l'a pas retenue. Tous les pourcentages doivent figurer.

Placer l'origine hors du champ visuel principal. Pour un mélange, elle doit y figurer.

Confondre pays de récolte et pays de conditionnement. L'origine est celle de la récolte.

Annoncer un pourcentage sans traçabilité. La marge de 5 % s'apprécie à partir de vos documents. Sans eux, le pourcentage n'est pas justifiable.

Ajouter quoi que ce soit au miel. Un ajout fait sortir de la dénomination.

Mettre une DLC. Le miel relève de la DDM.

Annoncer une origine florale non vérifiable. « Miel de lavande » suppose que le miel en provienne essentiellement.

Réimprimer sans revoir la mise en page. La nouvelle mention d'origine prend de la place dans le champ visuel principal ; ajouter une ligne sans reprendre la maquette conduit souvent à réduire la police sous le minimum légal.

Et pour votre étiquette

Une origine à détailler pays par pays avec ses pourcentages, dans le champ visuel principal, sans réduire la police sous 1,2 mm. Un cahier qui connaît la composition de votre lot compose la mention d'origine, vérifie la taille de caractère et bloque l'impression si l'un des deux ne passe pas.

une étiquette qui sort juste du premier coup

Questions fréquentes

Je récolte tout mon miel en France, dois-je changer mon étiquette ?

Non. La réforme porte sur les mélanges de plusieurs provenances. Un miel d'origine unique se mentionne comme avant : « Origine France », « Récolté en France ».

Que doit contenir la mention d'origine sur un mélange ?

Tous les pays de récolte, listés par ordre décroissant de poids, avec le pourcentage de chacun, dans le champ visuel principal. Exemple : « Mélange de miels originaires de France (60 %), d'Espagne (25 %) et d'Italie (15 %) ».

J'ai lu qu'on peut n'indiquer que les quatre pays principaux. Est-ce vrai ?

Pas en France. La directive laissait cette possibilité aux États membres, mais la France, en accord avec la filière, ne l'a pas retenue. Tous les pourcentages doivent figurer, quel que soit le nombre d'origines.

Mes pots déjà étiquetés sont-ils à jeter ?

Non. Les produits mis sur le marché ou étiquetés avant le 14 juin 2026, conformes à la réglementation alors en vigueur, restent commercialisables jusqu'à épuisement des stocks.

Quelle tolérance sur les pourcentages ?

Une marge de 5 % est admise sur chaque part individuelle, appréciée à partir de vos documents de traçabilité.

Dois-je mettre une liste d'ingrédients ?

Non. Le miel est un produit à ingrédient unique dont la dénomination désigne l'ingrédient : l'article 19 du règlement INCO en dispense.

Et le tableau nutritionnel ?

Pas si vous vendez votre propre récolte, en faibles quantités, directement au consommateur ou à un détaillant local. Dans les autres cas, oui.

Vérifié le 14 août 2026. Sources : décret n° 2026-312 du 24 avril 2026, directive (UE) 2024/1438, décret n° 2003-587 du 30 juin 2003, présentation DGCCRF « Réglementation miel » du 8 juin 2026, règlement (UE) n° 1169/2011.