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Guide · Étiquetage

DLC ou DDM : laquelle mettre sur votre produit ?

Le choix entre date limite de consommation et date de durabilité minimale ne relève ni du confort ni de la prudence commerciale : il dépend d'un seul critère, la périssabilité microbiologique de la denrée. Une DLC posée sur un produit qui n'en relève pas alimente le gaspillage ; une DDM sur un produit périssable est une infraction avec un risque sanitaire.

Lecture 9 minVérifié le 13 août 2026

Votre produit, quelle date ?

Type de produitDateMention exacte
Charcuterie, plat cuisiné frais, produit laitier fraisDLCÀ consommer jusqu'au
Confiture, miel, conserve appertisée, biscuit secDDMÀ consommer de préférence avant
Produit surgeléDDMÀ consommer de préférence avant fin
Fruits et légumes frais non transformésAucuneExempté
Vin, vinaigre, sel, sucreAucuneExempté

Le critère est microbiologique

Le règlement INCO pose la règle en une phrase : les denrées microbiologiquement très périssables et susceptibles, de ce fait, de présenter un danger immédiat pour la santé humaine après une courte période portent une date limite de consommation. Les autres portent une date de durabilité minimale.

Tout tient dans cette distinction. La date est l'une des mentions obligatoires de l'étiquette ; encore faut-il choisir la bonne.

DLCDDM
SignificationAu-delà, le produit peut être dangereuxAu-delà, le produit perd des qualités
Ce qui se dégradeLa sécurité sanitaireLe goût, la texture, la couleur, les nutriments
Après la dateLe produit ne doit plus être consommé ni venduLe produit reste consommable, la vente reste possible
Mention« À consommer jusqu'au »« À consommer de préférence avant »
FormatJour et mois, année si nécessaireSelon la durée : jour, mois ou année
OuiNonMicrobiologiquementtrès périssable ?DLC« À consommer jusqu'au »sécurité sanitaireDDM« À consommer de préférence avant »qualité, pas sécuritépuis, selon la durée de conservation :Moins de 3 mois → avant le 14/033 à 18 mois → avant fin 03/2028Plus de 18 mois → avant fin 2028
Le choix DLC/DDM dépend de la périssabilité microbiologique. La formulation de la DDM, elle, dépend de la durée de conservation.

Ce qui détermine la périssabilité

Trois paramètres, principalement :

L'activité de l'eau. L'eau libre disponible pour les micro-organismes. Un miel ou une confiture, très sucrés, ont une activité de l'eau trop basse pour permettre le développement bactérien. Une terrine fraîche, non.
Le pH. Un milieu acide freine ou empêche le développement. C'est ce qui protège les conserves au vinaigre et les produits lactofermentés.
Le traitement subi et le conditionnement. Stérilisation, pasteurisation, appertisation, atmosphère modifiée, sous vide : chacun modifie la flore présente et la durée de vie.

Un produit très sucré, très acide, très sec ou stérilisé relève en général de la DDM. Un produit frais, humide, peu acide, non traité relève en général de la DLC. « En général » n'est pas « toujours » : c'est votre analyse de danger qui tranche, pas la catégorie du produit.

Les produits qui portent une DLC

Concernés en vente directe et en production artisanale :

  • Charcuteries fraîches, pâtés, rillettes, terrines non appertisées
  • Viandes et volailles fraîches, préparations de viande
  • Poissons, coquillages, crustacés frais
  • Plats cuisinés réfrigérés
  • Produits laitiers frais : yaourts, fromages frais, crèmes
  • Pâtisseries à base de crème
  • Jus de fruits frais non pasteurisés
  • Salades composées, produits de quatrième gamme

Les fromages, cas de nuance

Ils ne relèvent pas tous du même régime. Un fromage frais porte une DLC. Un fromage à pâte pressée cuite, affiné longuement, à faible humidité, peut relever de la DDM. Entre les deux, l'appréciation dépend de l'affinage, de l'activité de l'eau et du conditionnement.

La formulation exacte

À consommer jusqu'au 15/09/2026

Le jour et le mois sont obligatoires, l'année si nécessaire. La date est suivie ou précédée de l'indication des conditions de conservation à respecter : une DLC n'a de sens qu'associée à une température.

À consommer jusqu'au 15/09/2026 — à conserver entre 0 et +4 °C

Sans cette indication, la date ne veut rien dire : la même terrine tient huit jours à 4 °C et deux jours à 12 °C.

Les produits qui portent une DDM

  • Confitures, gelées, marmelades
  • Miel
  • Conserves appertisées : bocaux stérilisés, terrines en conserve
  • Biscuits, gâteaux secs, produits de biscuiterie
  • Farines, céréales, légumes secs
  • Huiles, condiments, épices
  • Chocolats et confiseries
  • Produits surgelés
  • Sirops, jus pasteurisés

La formulation change selon la durée

Durée de conservationMentionCe qui est indiqué
Moins de 3 mois« À consommer de préférence avant le »Jour et mois
De 3 à 18 mois« À consommer de préférence avant fin »Mois et année
Plus de 18 mois« À consommer de préférence avant fin »Année seule

C'est une erreur fréquente : indiquer un jour précis sur un miel qui se garde deux ans. La mention correcte est « à consommer de préférence avant fin 2028 ».

Après la DDM

Le produit reste commercialisable et consommable. C'est la différence majeure avec la DLC. Un commerçant peut vendre un produit dont la DDM est dépassée, à condition que le produit reste sain, loyal et marchand, et que le consommateur en soit informé.

En pratique, la plupart des producteurs retirent quand même leurs produits : c'est un choix commercial, pas une obligation.

Les produits exemptés de date

L'annexe X du règlement liste les denrées sans obligation de date de durabilité. Celles qui concernent la vente directe :

  • Fruits et légumes frais, non pelés, non coupés, non traités — sauf graines germées et légumineuses germées
  • Vins, vins mousseux, boissons fermentées à base de raisin
  • Boissons titrant 10 % vol ou plus
  • Produits de boulangerie et de pâtisserie consommés normalement dans les 24 heures suivant leur fabrication
  • Vinaigres
  • Sel de cuisine
  • Sucres à l'état solide
  • Produits de confiserie constitués presque uniquement de sucres aromatisés ou colorés
  • Gommes à mâcher

Le pain d'un boulanger vendu le jour même n'a pas besoin de date. Le même pain préemballé et vendu sur trois jours en a besoin.

Comment déterminer votre date : la partie que personne n'explique

C'est ici que la plupart des producteurs sont démunis. Le règlement impose une date sans dire comment la calculer. La détermination relève de la responsabilité de l'exploitant, dans le cadre de son plan de maîtrise sanitaire.

Pour une DLC : les tests de vieillissement

La méthode reconnue est le test de vieillissement, ou test de durée de vie. Principe : vous conservez des échantillons dans les conditions réelles de conservation, et vous les analysez à intervalles réguliers jusqu'à la fin de la durée envisagée, voire au-delà.

Deux volets :

Le volet microbiologique. Recherche et dénombrement des germes pertinents pour votre produit, selon les critères du règlement (CE) n° 2073/2005. Listeria, salmonelles, staphylocoques, flore totale selon la matrice.
Le volet organoleptique. Aspect, odeur, goût, texture aux mêmes échéances.

Un test de vieillissement en conditions dégradées — quelques degrés au-dessus de la température de conservation — simule les ruptures de la chaîne du froid en distribution.

Ce test se fait en laboratoire. C'est l'un des rares cas où l'analyse est incontournable : la microbiologie ne se calcule pas. Sur ce que représente un tel poste, voir ce que coûte une analyse.

Pour une DDM : l'appui bibliographique et l'historique

La DDM n'a pas d'enjeu sanitaire direct. Sa détermination peut s'appuyer sur :

  • les données de référence de la filière, guides de bonnes pratiques d'hygiène, documents techniques sectoriels
  • l'historique de vos propres productions
  • des tests organoleptiques dans le temps
  • les durées pratiquées pour des produits comparables

Un test de vieillissement complet reste préférable, mais l'exigence de preuve est moins lourde que pour une DLC.

Ce que vous devez pouvoir justifier

En cas de contrôle, la question sera : sur quoi repose votre date ?

Vous devez pouvoir présenter la méthode retenue, les résultats des tests le cas échéant, les conditions de conservation testées, et la cohérence entre la date affichée et le procédé réellement appliqué. Une date choisie « au jugé » ou copiée sur un produit concurrent n'est pas une justification.

Comme pour le calcul nutritionnel, ce n'est pas la méthode qui vous protège, c'est le dossier qui la documente.

La révision en préparation

Une proposition de révision du règlement 1169/2011 est à l'étude dans le cadre de la lutte contre le gaspillage alimentaire (stratégie « De la ferme à la table »). Son idée : clarifier la date de durabilité minimale pour le consommateur, par exemple en l'accompagnant d'une formule du type « souvent bon après », afin de lever la confusion la plus répandue — des millions de produits parfaitement sains sont jetés parce que la DDM est comprise comme une date de péremption.

Rien n'est en vigueur à ce jour. La proposition a été reportée — elle ne figure ni au programme de travail de la Commission, ni parmi les textes présentés — et son calendrier reste incertain. La DLC et la DDM décrites sur cette page restent la règle. N'anticipez aucun changement de vos étiquettes tant que le texte n'est pas adopté et transposé en droit français.

Point à revérifier à la source : l'état d'avancement et le calendrier peuvent évoluer. Vérifié le 13 août 2026.

Les erreurs les plus fréquentes

Mettre une DLC par prudence sur un produit qui relève de la DDM. Réflexe compréhensible, effet pervers : le produit devient invendable après la date alors qu'il est parfaitement sain, et vous vous interdisez tout écoulement. C'est un des premiers facteurs de gaspillage en production artisanale.

Mettre une DDM sur un produit périssable. Infraction, et risque sanitaire réel. C'est le sens de l'erreur qui expose le plus.

Oublier les conditions de conservation à côté de la DLC. Une DLC sans température ne signifie rien.

Indiquer un jour précis sur une DDM longue. Un miel se date « avant fin 2028 », pas « avant le 14/03/2028 ».

Copier la date d'un produit concurrent. Sa recette, son procédé, son conditionnement ne sont pas les vôtres.

Ne pas retester après un changement. Nouveau conditionnement, nouvelle recette, nouveau procédé : la durée de vie change et la date doit être revalidée.

Prolonger une date sur un produit déjà commercialisé. Réétiqueter pour repousser une DLC est une fraude caractérisée.

Confondre date de fabrication et date de durabilité. Le numéro de lot n'est pas une date de durabilité.

Et pour votre étiquette

DLC ou DDM, formulation selon la durée, conditions de conservation associées, format de date variable : quatre règles qui se croisent et qui changent d'un produit à l'autre. Un cahier qui connaît le type de produit, applique la bonne mention et bloque l'impression si la température manque vous évite l'erreur la plus visible en contrôle.

produire l'étiquette et son justificatif

Questions fréquentes

Qui décide de la date, moi ou un laboratoire ?

Vous. La détermination de la durée de vie relève de la responsabilité de l'exploitant. Le laboratoire fournit les résultats d'analyse ; c'est vous qui fixez la date au vu de ces résultats et qui l'assumez.

Peut-on vendre après la DDM ?

Oui, tant que le produit reste sain, loyal et marchand, et que le consommateur en est informé. Après une DLC, en revanche, la vente est interdite.

Combien coûte un test de vieillissement ?

Le prix se donne sur devis et dépend du nombre de prélèvements, de germes recherchés et d'échéances. Comptez plusieurs analyses par produit, puisque le test suppose des mesures à intervalles réguliers. C'est un coût distinct de l'analyse nutritionnelle, dont il ne remplace ni ne dépend.

Mon produit est en bocal stérilisé, DLC ou DDM ?

Une conserve appertisée correctement stérilisée relève de la DDM. Attention : une simple pasteurisation en bocal n'est pas une appertisation. Si le barème de stérilisation n'est pas maîtrisé et validé, le produit peut relever de la DLC.

Faut-il une date sur un produit vendu à la coupe ?

Les denrées non préemballées ne portent pas de date sur le produit lui-même, mais vous devez maîtriser la durée de vie en interne et respecter les règles de conservation. La date concerne le préemballé.

Puis-je écrire simplement « DLC » sur mon étiquette ?

Non. Les mentions réglementaires sont « à consommer jusqu'au » pour la DLC et « à consommer de préférence avant » ou « avant fin » pour la DDM. Les sigles ne remplacent pas ces formulations.

Que risque-t-on en cas d'erreur ?

Une DDM sur un produit qui relève de la DLC est une non-conformité assortie d'un risque sanitaire : retrait, rappel, sanctions administratives ou pénales selon la gravité. L'erreur inverse n'expose pas au même niveau, mais elle vous coûte en invendus.

Vérifié le 13 août 2026. Sources : règlement (UE) n° 1169/2011 articles 9 et 24, annexe X, règlement (CE) n° 2073/2005, page de la Commission européenne sur les dates de durabilité et la prévention du gaspillage.