CAHIERAUTONOME
Définition

Le règlement INCO : ce que c'est et ce qu'il impose

Le règlement INCO est le règlement (UE) n° 1169/2011 du Parlement européen et du Conseil, relatif à l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires. Applicable depuis le 13 décembre 2014, il fixe les mentions obligatoires qui doivent figurer sur les aliments vendus dans l'Union européenne : dénomination, ingrédients, allergènes, quantité, date de durabilité, exploitant responsable et déclaration nutritionnelle. Il s'applique directement, sans transposition, dans les vingt-sept États membres.

Lecture 6 minVérifié le 14 août 2026

Ce que veut dire « INCO »

INCO est l'abréviation d'INformation des COnsommateurs. Ce n'est pas un sigle officiel : le texte s'intitule « règlement concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires ». L'usage professionnel a retenu « INCO », qui désigne toujours le règlement (UE) n° 1169/2011.

On rencontre aussi « règlement 1169 », « règlement 1169/2011 » ou « FIC » — pour Food Information to Consumers, dans les documents anglophones. Ce sont les mêmes.

Ce qu'il impose

Le règlement fixe ce qui doit figurer sur une denrée alimentaire, comment l'écrire et où le placer.

Les mentions obligatoires

Sur une denrée préemballée, huit mentions générales :

MentionCe qu'elle recouvre
Dénomination de la denréeLe nom légal, usuel ou descriptif du produit
Liste des ingrédientsPar ordre décroissant de poids à la mise en œuvre
AllergènesMis en évidence dans la liste des ingrédients
Quantité netteEn grammes, millilitres ou unités
Date de durabilitéDLC ou DDM selon la nature du produit
Conditions de conservation ou d'utilisationLorsqu'elles conditionnent la bonne conservation
Nom et adresse de l'exploitantCelui sous le nom duquel le produit est commercialisé
Déclaration nutritionnelleSept valeurs, sauf exemption

S'y ajoutent, selon le produit : le pays d'origine dans les cas prévus, le titre alcoométrique au-delà de 1,2 % vol, le mode d'emploi, la quantité d'un ingrédient mis en avant, le numéro de lot.

Comment l'écrire

Le règlement ne se contente pas de dire quoi écrire. Il impose une hauteur de caractère minimale — 1,2 mm de hauteur de x, 0,9 mm sur les petits emballages —, une exigence de lisibilité et d'indélébilité, et un champ visuel commun pour la dénomination, la quantité nette et le titre alcoométrique.

Ce qu'il interdit

L'information ne doit pas induire le consommateur en erreur : sur la nature du produit, ses propriétés, sa composition, son origine, son mode de fabrication.

Un produit ne peut pas non plus se voir attribuer des propriétés de prévention ou de traitement d'une maladie humaine.

Qui est concerné

Le règlement vise tous les exploitants du secteur alimentaire à tous les stades de la chaîne : production, transformation, distribution, restauration.

Il ne connaît aucun seuil de taille d'entreprise. Un producteur qui vend trois pots de confiture sur un marché relève du même texte qu'un industriel.

La responsabilité

L'article 8 désigne l'exploitant sous le nom ou la raison sociale duquel la denrée est commercialisée. C'est lui qui répond de l'exactitude de l'information, quelle que soit la méthode qu'il a employée pour l'établir.

Cette responsabilité ne se délègue pas à un fournisseur, à un laboratoire ou à un imprimeur.

Les exemptions les plus utiles à connaître

Le règlement prévoit des dispenses ciblées. Trois concernent particulièrement les petits producteurs.

La déclaration nutritionnelle n'est pas obligatoire pour les denrées, y compris de fabrication artisanale, fournies directement par le fabricant en faibles quantités au consommateur final ou à des établissements de détail locaux. Le règlement ne chiffre pas « faibles quantités ».
La liste des ingrédients n'est pas exigée pour les produits à ingrédient unique dont la dénomination désigne l'ingrédient, ni pour les fromages, beurres, laits et crèmes fermentés sans autre ingrédient que ceux nécessaires à leur fabrication.
Les boissons de plus de 1,2 % vol sont dispensées de liste d'ingrédients et de déclaration nutritionnelle. L'exemption ne vaut plus pour le vin depuis décembre 2023.

Aucune exemption ne porte sur les allergènes. Ils restent dus dans tous les cas, y compris sur les produits non préemballés et sur ceux dispensés de liste d'ingrédients.

Les denrées non préemballées

C'est la distinction structurante du règlement : il ne raisonne ni en circuits ni en métiers, mais en état du produit au moment où il est proposé au consommateur.

Une denrée préemballée a été conditionnée avant d'être proposée à la vente, dans un emballage qui ne peut être ouvert sans qu'on le voie. Elle porte l'étiquette complète.

Une denrée non préemballée — vendue en vrac, à la coupe, emballée devant le client ou servie — ne porte pas d'étiquette complète. Mais l'article 44 impose la fourniture des informations sur les allergènes, dont les modalités relèvent des États membres. En France, c'est le décret du 17 avril 2015 qui les fixe.

Depuis quand

DateCe qui s'est passé
25 octobre 2011Adoption du règlement
13 décembre 2014Application de la majorité des dispositions
13 décembre 2016Application de la déclaration nutritionnelle obligatoire

Le règlement est d'application directe : il ne nécessite pas de transposition en droit national et s'impose tel quel dans les vingt-sept États membres.

Les États conservent une marge sur certains points — les modalités d'information sur les allergènes pour les denrées non préemballées, notamment — et adoptent alors leurs propres textes d'application.

Ce que le règlement INCO ne couvre pas

C'est aussi important que ce qu'il couvre, parce que beaucoup de règles d'étiquetage viennent d'ailleurs.

Les dénominations réservées. « Confiture », « miel », « fromage », « bière » sont définies par des textes propres, avec leurs seuils et leurs conditions. Le règlement INCO n'y touche pas.
Les mentions valorisantes. « Fermier », « bio », « fait maison » relèvent d'autres corpus.
Les signes de qualité. AOP, IGP, Label Rouge ont leurs cahiers des charges.
L'hygiène et l'agrément sanitaire. Le paquet hygiène — règlements (CE) n° 852/2004 et n° 853/2004 — traite de la sécurité des aliments, pas de l'information du consommateur. La marque d'identification n'est pas une mention INCO.
Les additifs. Leur autorisation et leurs conditions d'emploi relèvent du règlement (CE) n° 1333/2008. Le règlement INCO ne fixe que la façon de les désigner sur l'étiquette.
La restauration collective. Les obligations de qualité, d'origine et de durabilité relèvent de la loi EGalim, distincte du règlement INCO.

Une étiquette conforme au règlement INCO peut donc rester non conforme au regard d'un autre texte. C'est la raison pour laquelle un guide par produit est nécessaire.

Où le lire

Le texte consolidé est disponible sur EUR-Lex, en français, avec toutes ses annexes.

Les annexes sont la partie la plus utilisée en pratique :

AnnexeContenu
IILa liste des quatorze allergènes
IVLa définition de la hauteur de x
VLes denrées dispensées de déclaration nutritionnelle
VIILes règles de la liste des ingrédients
VIIILes règles du QUID
XLes dates de durabilité
XIIILes apports de référence
XIVLes facteurs de conversion énergétique
XVLa présentation de la déclaration nutritionnelle

Les questions qui reviennent

Faut-il un laboratoire pour appliquer le règlement ?

Non. L'article 31.4 place sur le même plan l'analyse effectuée par le fabricant, le calcul à partir des valeurs des ingrédients et le calcul à partir de données généralement établies et acceptées. Aucune méthode n'a la priorité.

Le règlement s'applique-t-il à la vente en ligne ?

Oui. Pour une vente à distance, la plupart des mentions obligatoires doivent être disponibles avant la conclusion de l'achat. La date de durabilité fait exception et peut n'apparaître qu'à la livraison.

Que risque-t-on en cas de non-conformité ?

Les suites relèvent du droit national. En France, la DGCCRF peut prononcer un avertissement, une injonction de mise en conformité, une amende administrative, et engager des suites pénales selon la gravité — notamment lorsque la non-conformité porte sur les allergènes.

Pour appliquer le règlement à votre produit

Cette page définit le cadre. Son application dépend de ce que vous fabriquez et de la façon dont vous le vendez.

Les règles communes

Ordre des ingrédients · Allergènes · DLC ou DDM · Taille de caractère · Calcul nutritionnel · Arrondis · Coût d'une analyse · QUID · Vente directe

Par produit

Confiture · Miel · Bière artisanale · Fromage fermier · Traiteur · Restauration collective

Le guide complet de l'étiquetage alimentaire

Questions fréquentes

Que signifie INCO ?

INformation des COnsommateurs. C'est l'abréviation d'usage du règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires. On rencontre aussi « FIC », pour Food Information to Consumers.

Le règlement INCO est-il une loi française ?

Non, c'est un règlement européen d'application directe. Il s'impose tel quel dans les vingt-sept États membres, sans transposition. La France adopte seulement des textes d'application sur les points où le règlement lui laisse une marge.

Depuis quand s'applique-t-il ?

Depuis le 13 décembre 2014 pour la majorité de ses dispositions, et depuis le 13 décembre 2016 pour la déclaration nutritionnelle obligatoire.

Suis-je concerné si je vends très peu ?

Oui. Le règlement ne prévoit aucun seuil de taille d'entreprise. Il prévoit en revanche des exemptions ciblées, notamment sur la déclaration nutritionnelle pour les faibles quantités vendues en direct.

Le règlement INCO couvre-t-il la dénomination « confiture » ?

Non. Les dénominations réservées relèvent de textes propres. Le règlement INCO fixe les mentions d'information ; il ne définit pas ce qu'est une confiture, un miel ou un fromage.

Faut-il faire analyser ses produits en laboratoire ?

Non. L'article 31.4 admet le calcul à partir des ingrédients ou de données établies au même titre que l'analyse. Aucune méthode n'est imposée.

Où trouver le texte officiel ?

Sur EUR-Lex, en version consolidée française, avec l'ensemble de ses annexes.

Vérifié le 14 août 2026. Source : règlement (UE) n° 1169/2011 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2011, version consolidée.