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La taille de caractère minimale sur une étiquette alimentaire

Le règlement INCO impose une hauteur minimale de 1,2 mm pour les mentions obligatoires, ramenée à 0,9 mm sur les emballages dont la plus grande face est inférieure à 80 cm². Cette hauteur ne se mesure ni en points typographiques, ni sur les majuscules : elle se mesure sur la lettre « x ». C'est la source de la plupart des non-conformités constatées.

Lecture 7 minVérifié le 13 août 2026

Votre contenant fait quelle surface ?

Plus grande faceTaille minimaleMentions allégées
80 cm² ou plus1,2 mmNon
Entre 10 et 80 cm²0,9 mmNon
Moins de 10 cm²Aucun minimum fixéOui, quatre mentions suffisent

La règle : 1,2 mm, mesurés sur la hauteur de x

L'article 13 du règlement (UE) n° 1169/2011 impose que les mentions obligatoires soient imprimées dans un corps de caractère dont la hauteur de x est égale ou supérieure à 1,2 mm. La règle vaut pour toutes les mentions obligatoires de l'étiquette.

Ce qu'est la hauteur de x

L'annexe IV du règlement la définit précisément : c'est la hauteur de la lettre minuscule « x », mesurée du haut au bas du corps de la lettre, sans compter les jambages — ni la hampe montante du « d », ni la descendante du « p ».

exemplehauteur de x ≥ 1,2 mmhampenon comptéejambagenon compté
La hauteur de x se mesure sur le « x », le « o », le « e ». Les hampes (l, d, b) et les jambages (p, g, q) ne comptent pas.

C'est une notion de typographe, pas une notion de traitement de texte. Elle a une conséquence directe et contre-intuitive :

Deux polices réglées sur la même taille en points n'ont pas la même hauteur de x. Une police à faible hauteur de x — beaucoup de polices à empattements classiques — peut être non conforme à 8 points, alors qu'une police à forte hauteur de x sera conforme à 7. Le corps affiché dans votre logiciel ne vous dit donc rien sur votre conformité.

Comment la vérifier vous-même

Trois façons, par ordre de fiabilité :

Sur l'étiquette imprimée. Un pied à coulisse ou une loupe graduée, appliqués sur un « x », un « o » ou un « e » minuscule du texte. C'est la seule mesure qui fait foi, parce que l'impression peut différer du fichier.
Dans votre logiciel de mise en page. Les logiciels professionnels affichent la hauteur de x, ou permettent de la calculer depuis les métriques de la police. Vérifiez ensuite sur l'imprimé.
Par test d'impression. Imprimez à l'échelle 1, mesurez, ajustez. Attention : imprimer « à la taille de la page » fausse l'échelle et invalide la mesure.

Ce que la règle ne dit pas

Le règlement ne fixe aucune police obligatoire, aucune casse imposée, aucune couleur. Il impose une hauteur minimale et une exigence générale de lisibilité.

Les 0,9 mm des petits emballages

Le règlement prévoit un seuil unique d'assouplissement : lorsque la surface la plus grande de l'emballage est inférieure à 80 cm², la hauteur de x minimale descend à 0,9 mm.

Comment calculer la surface

C'est la surface de la plus grande face, pas la surface totale de l'emballage ni celle de l'étiquette.

Forme du contenantCalcul de la plus grande face
Boîte, brique, étuiLongueur × largeur de la face la plus grande
Pot cylindrique, bocal, bouteilleCirconférence × hauteur du corps, hors goulot et hors couvercle
Sachet platLongueur × largeur d'une face
Contenant de forme irrégulièreLa plus grande face plane exploitable

Sur un cylindre, la surface latérale se calcule ainsi : π × diamètre × hauteur.

Outil interactif

La surface de votre contenant

Choisissez la forme, entrez les deux dimensions— la surface et la taille de caractère minimale s'affichent en direct.

Exemple — pot de 6 × 8 cm, modifiez les valeurs

Plus grande face150,8 cm²

π × 6 × 8 = 150,8 cm²

Hauteur de x minimale

1,2 mm

Minimum standard (hauteur de x).

Calcul indicatif de la plus grande face. Sur un cylindre, on mesure la surface latérale : π × diamètre × hauteur du corps, hors goulot et couvercle.

Beaucoup de producteurs supposent que leur petit pot est sous le seuil. Le calcul dit souvent l'inverse : un pot de 150 g est en général au-dessus.

Ce qui compte, ce qui ne compte pas

Le seuil porte sur l'emballage, pas sur l'étiquette. Une petite étiquette collée sur un grand bocal ne fait pas basculer sous les 80 cm² : c'est le bocal qui est mesuré.

Le couvercle, le goulot, le culot et les zones de préhension ne sont pas comptés dans la face principale.

Sous 10 cm² : le vrai allègement

C'est le seul cas où le contenu obligatoire lui-même est réduit, et non seulement la taille.

Lorsque la surface la plus grande de l'emballage est inférieure à 10 cm², quatre mentions suffisent sur l'emballage :

  • la dénomination de la denrée
  • les allergènes
  • la quantité nette
  • la date de durabilité minimale ou la date limite de consommation

La liste des ingrédients doit alors être fournie par d'autres moyens, ou mise à disposition du consommateur à sa demande.

La déclaration nutritionnelle n'est pas obligatoire sur ces très petits emballages.

10 cm², c'est très petit : un carré de 3,2 cm de côté. Cela concerne les échantillons, les dosettes individuelles, les mignonnettes — rarement un produit de vente directe.

Ce que la hauteur ne suffit pas à garantir

Atteindre 1,2 mm ne rend pas une étiquette conforme si elle reste illisible pour d'autres raisons. Le règlement pose une exigence générale : les mentions obligatoires doivent être facilement visibles, clairement lisibles et indélébiles.

Les motifs de non-conformité relevés en contrôle, à taille correcte :

Contraste insuffisant. Texte gris clair sur fond blanc, texte blanc sur photo, encre pâle sur kraft. La règle ne chiffre pas le contraste, mais l'appréciation est celle du contrôleur, et le doute lui profite.

Texte sur un motif. Une mention posée sur une image chargée devient illisible même à bonne taille.

Interligne trop serré. Un texte compressé pour tenir dans la place perd sa lisibilité.

Emplacement inaccessible. Une mention sous le pot, masquée par le couvercle, ou dans un pli du sachet.

Étiquette qui s'efface. Encre non résistante à l'humidité sur un produit réfrigéré, ou étiquette qui se décolle. L'indélébilité est une exigence explicite.

Étiquette recouverte. Une étiquette de prix collée par-dessus une mention obligatoire crée la non-conformité, même si l'étiquette d'origine était bonne.

La lisibilité vaut aussi pour la mise en évidence des allergènes, qui doivent ressortir dans la liste.

Les erreurs les plus fréquentes

Raisonner en points au lieu de millimètres. Un corps 6 ne dit rien : selon la police, la hauteur de x varie de plus de 20 %.

Mesurer sur une majuscule. La hauteur de capitale est toujours supérieure à la hauteur de x. Mesurer un « E » donne un résultat faussement rassurant.

Mesurer sur une lettre à jambage. Le « d » et le « p » dépassent du corps de x. Mesurez un « x », un « o », un « e », un « n ».

Calculer la surface de l'étiquette au lieu de l'emballage. Erreur la plus courante sur les bocaux.

Supposer être sous 80 cm². Faites le calcul. La plupart des pots de confiture sont au-dessus.

Réduire la police pour tout faire tenir. C'est le réflexe naturel quand la liste d'ingrédients est longue, et c'est exactement ce qui crée l'infraction. La bonne réponse est d'agrandir l'étiquette, de passer en étiquette adhésive double couche, ou de repenser la mise en page.

Vérifier sur l'écran. Un texte lisible en 200 % de zoom ne dit rien de l'imprimé.

Ne contrôler qu'une fois. Un changement d'imprimeur, de support, ou une réduction de format à l'impression peut faire basculer une étiquette conforme en non conforme.

Que faire quand ça ne tient pas

Quatre solutions, par ordre de simplicité.

Agrandir l'étiquette. La plus évidente, souvent possible sans changer de contenant.

Utiliser les deux faces. Le règlement n'impose le même champ visuel que pour la dénomination, la quantité nette et le titre alcoométrique. Le reste peut aller ailleurs sur l'emballage.

Passer en étiquette dépliante ou multicouche. Solution courante sur les petits contenants et les produits multilingues.

Changer de contenant. Le dernier recours, mais parfois le seul sur les très petits formats.

Ce qui n'est pas une solution : réduire la police sous le seuil, supprimer une mention obligatoire, ou renvoyer les mentions vers un QR code. Le QR code ne remplace aucune mention obligatoire sur l'emballage — il peut compléter, jamais se substituer.

Et pour votre étiquette

La hauteur de x se contrôle avant l'impression, pas après. Un cahier qui connaît la surface de votre contenant, applique le seuil correspondant et bloque la génération tant que la taille n'y est pas vous évite le lot d'étiquettes à jeter.

calculer et générer l'étiquette

Questions fréquentes

1,2 mm, c'est quelle taille en points ?

Il n'y a pas de correspondance fixe. La hauteur de x dépend du dessin de la police : deux polices en corps 7 peuvent donner des hauteurs de x différentes de plus de 20 %. Le seul repère fiable est la mesure sur l'imprimé. À titre indicatif seulement, 1,2 mm correspond souvent à un corps compris entre 6 et 8 points selon la police.

La règle s'applique-t-elle à toutes les mentions ?

Elle s'applique aux mentions obligatoires. Les mentions volontaires — slogan, histoire du produit, conseil de dégustation — ne sont pas soumises à cette hauteur minimale, mais elles ne doivent pas nuire à la lisibilité des mentions obligatoires.

Puis-je utiliser une police plus petite pour la liste des ingrédients ?

Non. La liste des ingrédients est une mention obligatoire, elle est soumise au même minimum que les autres.

Mon pot fait 250 g, suis-je sous les 80 cm² ?

Presque certainement non. Calculez : π × diamètre × hauteur du corps. Un pot de 250 g dépasse largement 80 cm². Le minimum applicable est 1,2 mm.

Et sur une étiquette en plusieurs langues ?

Chaque version linguistique des mentions obligatoires doit respecter la hauteur minimale. C'est la contrainte la plus difficile en export, et la raison pour laquelle les étiquettes multilingues passent souvent en format dépliant.

Un QR code peut-il remplacer les mentions trop petites ?

Non. Les mentions obligatoires doivent figurer sur l'emballage. Un QR code peut donner des informations complémentaires, jamais se substituer à ce qui est exigé.

Qui vérifie et que risque-t-on ?

Les agents de la DGCCRF, lors des contrôles en magasin, sur les marchés ou en établissement. Une non-conformité d'étiquetage donne lieu à un avertissement, une injonction de mise en conformité, ou une amende administrative selon la gravité et la récurrence.

Vérifié le 13 août 2026. Sources : règlement (UE) n° 1169/2011 articles 13 et 16, annexe IV, fiches pratiques DGCCRF.