Comment vendez-vous votre produit ?
Produit emballé à l'avance
Allergènes mis en évidence dans la liste des ingrédients
Produit vendu à la coupe ou en vrac
Information écrite, disponible et signalée
Produit sans liste d'ingrédients
Mention « contient » suivie de l'allergène
Restauration, traiteur, plats servis
Information écrite disponible sur place
Les quatorze allergènes à déclaration obligatoire
L'annexe II du règlement INCO fixe la liste. Elle est fermée : ni plus, ni moins. Les allergènes sont l'une des mentions obligatoires les plus surveillées en contrôle.
Céréales contenant du gluten
Blé, seigle, orge, avoine, épeautre, kamut, et leurs souches hybridées
Crustacés
Et produits à base de crustacés
Œufs
Et produits à base d'œufs
Poissons
Et produits à base de poissons
Arachides
Et produits à base d'arachides
Soja
Et produits à base de soja
Lait
Y compris le lactose, et tous les produits laitiers
Fruits à coque
Amandes, noisettes, noix, noix de cajou, noix de pécan, noix du Brésil, pistaches, noix de Macadamia
Céleri
Et produits à base de céleri
Moutarde
Et produits à base de moutarde
Graines de sésame
Et produits à base de sésame
Anhydride sulfureux et sulfites
Au-delà de 10 mg/kg ou 10 mg/l, exprimés en SO₂
Lupin
Et produits à base de lupin
Mollusques
Et produits à base de mollusques
Ce qui compte, c'est la présence dans le produit fini
L'obligation porte sur toute substance présente dans le produit fini, même sous forme modifiée. Un ingrédient dérivé d'un allergène reste un allergène : la lécithine de soja, la semoule de blé, le lactosérum, la gélatine de poisson.
Quelques exemptions figurent à l'annexe II — certains dérivés hautement transformés, comme le sirop de glucose à base de blé ou l'huile de soja entièrement raffinée. Si votre produit contient un de ces dérivés, vérifiez à la source avant de conclure : la liste des exemptions est courte et précise.
Les fruits à coque, précision qui compte
Les huit fruits à coque de la liste sont nommés. Ils doivent être déclarés individuellement, pas sous l'appellation générique. Écrire « fruits à coque » ne suffit pas : il faut écrire « noisettes », « amandes », « pistaches ».
Attention : la châtaigne, la noix de coco, la cacahuète ne figurent pas dans cette catégorie. La cacahuète est un allergène à part — l'arachide, numéro 5.
Comment les mettre en évidence
C'est le point qui distingue les allergènes de tous les autres ingrédients.
L'article 21 du règlement l'exige : dans la liste des ingrédients, l'allergène doit être mis en évidence par une impression qui le distingue clairement du reste de la liste, notamment par le corps de caractère, le style ou la couleur de fond.
La liste elle-même suit l'ordre des ingrédients, par poids décroissant à la mise en œuvre.
Non conforme
Ingrédients : farine de blé, sucre, œufs, beurre, lait.
Les allergènes sont présents mais ne ressortent pas.
Conforme
Ingrédients : farine de blé, sucre, œufs, beurre, lait.
Chaque allergène est mis en évidence dans la liste.
Les trois façons admises
Gras
Farine de blé, sucre, œufs, beurre
Majuscules
Farine de BLÉ, sucre, ŒUFS, beurre
Soulignement ou fond coloré
Farine de blé, sucre, œufs, beurre
Le gras est la méthode la plus employée et la plus lisible. Une seule règle : le procédé retenu doit être appliqué de façon constante à tous les allergènes de la liste. La mise en évidence relève de la même exigence de lisibilité que la taille de caractère : elle doit se voir sans effort.
Ce qui n'est pas admis
Ce qu'il faut mettre en évidence exactement
C'est le nom de l'allergène, pas l'ingrédient entier.
Farine de blé, huile de tournesol, lécithine de soja, arôme naturel
Pas « farine de blé » en entier, mais le mot qui porte l'allergène.
Le produit sans liste d'ingrédients
Certaines denrées sont dispensées de liste d'ingrédients. Un produit à ingrédient unique, par exemple.
Dans ce cas, l'allergène se signale par une mention comportant le mot « contient », suivi du nom de l'allergène.
Contient : sulfites
Cette mention n'est pas nécessaire lorsque la dénomination du produit fait déjà clairement référence à l'allergène. Un produit vendu sous le nom « farine de blé » n'a pas besoin d'une mention « contient du blé ».
La vente à la coupe et en vrac
Une denrée non préemballée n'échappe pas à l'obligation. C'est même le seul point sur lequel le règlement impose une information pour ces produits — que ce soit la vente à la coupe, le vrac ou le marché.
Le décret du 17 avril 2015 précise les modalités : l'information doit être disponible et facilement accessible, de manière à ce que le consommateur en ait connaissance avant de finaliser son achat.
Les supports admis
Pancarte ou ardoise à proximité
Lisible depuis le point de vente
Écriteau par produit
Le plus clair
Classeur ou registre consultable
Une mention visible doit signaler son existence et son emplacement
Support numérique sur place
Même condition de signalement
Ce qui n'est pas admis
Les traces et la contamination croisée
C'est la source de confusion la plus répandue.
L'étiquetage de précaution est volontaire
Les mentions « peut contenir des traces de », « fabriqué dans un atelier utilisant » ne sont pas obligatoires. Aucun texte ne les impose.
Elles relèvent de votre appréciation du risque de contamination croisée, dans le cadre de votre plan de maîtrise sanitaire.
Ce qui est obligatoire, en revanche
La déclaration des allergènes volontairement présents dans la recette. Un allergène intentionnellement mis en œuvre se déclare dans la liste, mis en évidence. Ce n'est pas une trace.
L'erreur à ne pas commettre
Utiliser la mention de traces comme parapluie. Écrire « peut contenir des traces de fruits à coque » sur tous vos produits par précaution générale a trois effets, tous mauvais :
- Cela ne vous protège pas si l'allergène est en réalité un ingrédient — la mention de traces ne remplace jamais la déclaration.
- Cela réduit inutilement votre marché : un allergique s'interdira votre produit.
- Cela dévalorise l'information : quand tout est étiqueté « peut contenir », plus personne ne lit.
La bonne démarche est d'analyser le risque réel : vos matières premières, vos lignes de production, vos procédures de nettoyage. Si le risque est réel et non maîtrisable, la mention se justifie. Sinon, elle n'a pas lieu d'être.
Les erreurs les plus fréquentes
Ne pas mettre en évidence. Lister le blé sans le distinguer est une infraction, même si l'ingrédient est bien présent dans la liste.
Mettre en évidence de façon incomplète. Un allergène oublié dans la mise en forme suffit.
Écrire « fruits à coque » au lieu du nom exact. Les huit fruits de la liste se déclarent individuellement.
Oublier les allergènes cachés dans un ingrédient composé. Une préparation achetée peut contenir du soja, du lait ou du blé. C'est l'étiquette de votre fournisseur qui vous l'apprend — d'où l'importance de la conserver.
Oublier les sulfites. Ils sont présents dans beaucoup de produits sans qu'on y pense : fruits secs, vinaigres, vins de cuisine, certains sirops. Le seuil est de 10 mg/kg.
Ne pas signaler le classeur en vente à la coupe. Le support existe mais personne ne sait qu'il existe.
Ne pas mettre à jour après un changement de fournisseur. Une nouvelle préparation peut apporter un allergène que l'ancienne n'avait pas. C'est le scénario type du rappel produit.
Traduire approximativement en export. Le nom de l'allergène doit être exact dans la langue du pays de commercialisation. Une erreur de traduction sur un allergène est un risque sanitaire.
Ce que vous risquez
C'est la mention où les suites sont les plus lourdes, parce que l'enjeu n'est pas formel.
Une non-conformité sur les allergènes peut entraîner un retrait des produits, un rappel auprès des consommateurs, une suspension d'activité selon la gravité, et des suites administratives ou pénales.
Et au-delà de la sanction, un allergène non déclaré peut provoquer une réaction grave chez le consommateur. C'est la seule mention d'étiquetage dont l'oubli présente un danger immédiat.
Et pour votre étiquette
Quatorze allergènes, huit fruits à coque à nommer un par un, des dérivés qui ne se voient pas dans le nom de l'ingrédient, et une mise en évidence à appliquer sans en oublier un seul. Un cahier qui détecte les allergènes depuis vos recettes et vos fiches fournisseurs, et qui bloque l'impression tant qu'ils ne sont pas mis en forme, supprime l'erreur qui coûte le plus cher.
vérifier son étiquette avant impressionQuestions fréquentes
Le gras est-il obligatoire ?
Non. Le règlement exige une mise en évidence qui distingue clairement l'allergène du reste de la liste, sans imposer de procédé. Le gras, les majuscules, le soulignement ou un fond coloré conviennent, à condition d'être appliqués à tous les allergènes.
Dois-je écrire « allergènes » quelque part sur l'étiquette ?
Non. Le mot n'a pas à figurer. Ce qui compte, c'est que chaque allergène soit mis en évidence dans la liste des ingrédients.
Dois-je mentionner « peut contenir des traces de » ?
Ce n'est pas obligatoire. Cette mention est volontaire et relève de votre analyse du risque de contamination croisée. Elle ne remplace jamais la déclaration d'un allergène réellement présent dans la recette.
Je vends à la coupe, dois-je afficher les allergènes ?
Oui. L'information doit être écrite, disponible et facilement accessible avant l'achat : pancarte, écriteau, ou classeur dont l'existence et l'emplacement sont signalés par une mention visible.
La châtaigne et la noix de coco sont-elles des fruits à coque à déclarer ?
Non. La liste des huit fruits à coque à déclaration obligatoire est fermée : amandes, noisettes, noix, noix de cajou, noix de pécan, noix du Brésil, pistaches, noix de Macadamia. La cacahuète, elle, relève de l'arachide, qui est un allergène distinct.
Comment savoir si mon ingrédient acheté contient un allergène ?
En lisant l'étiquette de votre fournisseur, où les allergènes sont eux aussi mis en évidence. Conservez ces étiquettes ou fiches techniques : elles font partie de votre dossier en cas de contrôle.
Que se passe-t-il si j'oublie un allergène ?
Selon la gravité : retrait des produits, rappel consommateur, suites administratives ou pénales. Et surtout un risque sanitaire réel pour la personne allergique. C'est la non-conformité d'étiquetage la plus lourde de conséquences.
Vérifié le 13 août 2026. Sources : règlement (UE) n° 1169/2011 articles 9, 21 et 44, annexe II, décret n° 2015-447 du 17 avril 2015.