CAHIERAUTONOME
Guide

Le calcul du chlore actif d’une piscine collective

Le chlore libre actif d’une piscine ne se lit pas : il se calcule. On mesure le chlore libre au réactif DPD n° 1 et le pH, puis on multiplie le chlore libre par la part active que l’abaque donne pour ce pH : 76,2 % à pH 7,0, 50,3 % à pH 7,5, 39,0 % à pH 7,7. Le résultat doit rester entre 0,4 et 1,4 mg/L dans une eau sans stabilisant, c’est-à-dire avec moins de 15 mg/L d’acide isocyanurique. Dans une eau stabilisée, il n’y a rien à calculer : le chlore disponible se lit directement et doit rester entre 2 et 5 mg/L. L’arrêté fixe ces limites sans donner de méthode de calcul ; cette page applique l’abaque à 25 °C de l’ARS Occitanie.

La formule, le chlore libre à lire pour chaque pH, trois exemples chiffrés, l’eau stabilisée et le choix de l’abaque.

Lecture : 10 minutesMis à jour le

Le calcul en six lignes
Ce que c’est
La part du chlore libre sous forme d’acide hypochloreux, celle qui désinfecte. Elle ne se lit pas, elle se calculeARS Occitanie
La limite
Entre 0,4 et 1,4 mg/L dans une eau sans stabilisant, soit moins de 15 mg/L d’acide isocyanuriqueArrêté du , annexe I
Le calcul
Chlore libre lu au DPD n° 1 × part active de l’abaque, selon le pHARS Occitanie, ARS Auvergne-Rhône-Alpes
Eau stabilisée
Rien à calculer : le chlore disponible se lit directement et doit rester entre 2 et 5 mg/LArrêté du , annexe I
Fréquence
Au moins deux fois par jour en types A et B, une fois par jour en types C et DArrêté du , annexe II.B et art. 4
Au carnet
La lecture, le pH, le résultat et, si une limite est dépassée, la mesure priseArrêté du , art. 4

0,4 à 1,4

mg/L

de chlore libre actif, dans une eau sans stabilisant

76,2 %

à pH 7,0

du chlore libre est sous forme active

39,0 %

à pH 7,7

seulement : près de deux fois moins de désinfection pour le même chlore libre

15

mg/L

d’acide isocyanurique : à partir de là, l’abaque ne s’applique plus

Ce qu’est le chlore libre actif

Dans l’eau d’une piscine, le chlore libre existe sous deux formes : l’acide hypochloreux, qui désinfecte vite, et l’ion hypochlorite, qui désinfecte bien moins. Le chlore libre actif est la part d’acide hypochloreux. Le réactif DPD n° 1 mesure les deux ensemble et ne les distingue pas.

Ce qui les répartit, c’est le pH. Plus il monte, plus la part active baisse : 76,2 % à pH 7,0, 39,0 % à pH 7,7, soit près de deux fois moins de désinfection pour le même chlore libre. C’est pourquoi la limite porte sur le chlore libre actif et non sur le chlore libre lu au photomètre : dans une eau sans stabilisant, le chlore libre n’a pas de limite propre, il sert à calculer le chlore actif.

L’arrêté du relatif aux limites et références de qualité fixe la valeur, de 0,4 à 1,4 mg/L, mais ne décrit aucune méthode de calcul. Le guide de l’ARS Occitanie précise que le chlore libre actif ne se lit pas directement : il se détermine avec l’abaque, à partir du pH, du chlore libre et de la température.

Toutes les valeurs de l’eau d’une piscine collective, avec leur fréquence, sont dans le guide l’analyse de l’eau d’une piscine collective.

La formule, pas à pas

Une seule opération : le chlore libre mesuré multiplié par la part active que l’abaque donne au pH mesuré.

Chlore libre

lu au DPD n° 1, en mg/L

Part active

lue dans l’abaque, selon le pH

Chlore libre actif

à tenir entre 0,4 et 1,4 mg/L

  1. Mesurer le chlore libre

    Au photomètre ou au comparateur, avec la pastille DPD n° 1. La lecture se fait tout de suite après dissolution de la pastille.

  2. Mesurer le pH, au même relevé

    Le coefficient dépend du pH : un pH noté plus tôt dans la journée ne vaut pas pour le chlore mesuré maintenant.

  3. Lire la part active

    Dans l’abaque, à la ligne du pH mesuré. Entre deux lignes, on prend la valeur intermédiaire. Les coefficients de 6,9 à 7,7 figurent dans le tableau qui suit.

  4. Multiplier

    Chlore libre actif = chlore libre × part active. Avec 1,0 mg/L à pH 7,2 : 1,0 × 66,9 % = 0,67 mg/L.

  5. Comparer, puis écrire

    Le résultat doit tenir entre 0,4 et 1,4 mg/L. La lecture, le pH, le résultat et, si une limite est dépassée, la mesure prise s’écrivent au carnet sanitaire. Ce qu’il doit contenir est dans le guide ce que doit contenir le carnet sanitaire d’une piscine.

Fréquence, selon l’arrêté du  : au moins deux fois par jour dans les piscines de types A et B, au moins une fois par jour dans les types C et D, comme les autres mesures faites sur place. Le photomètre se fait contrôler selon les préconisations du fabricant, en principe une fois par an. À partir du , la surveillance relève de l’arrêté du  ; la limite de chlore libre actif, elle, reste celle de l’arrêté relatif aux limites et références de qualité.

Le chlore libre à lire selon le pH

Plutôt que de multiplier à chaque relevé, on peut chercher le chlore libre à obtenir. Pour chaque pH, ce tableau donne la part active de l’abaque et la plage de chlore libre qui garde le chlore actif entre 0,4 et 1,4 mg/L.

Chlore libre à lire au DPD n° 1, en mg/L, pour tenir 0,4 à 1,4 mg/L de chlore actif, selon le pH (eau sans stabilisant, abaque à 25 °C)
pHPart activeChlore libre minimalChlore libre maximal
6,980,1 %0,501,74
7,076,2 %0,531,83
7,171,8 %0,561,94
7,266,9 %0,602,09
7,361,6 %0,652,27
7,456,0 %0,722,49
7,550,3 %0,802,78
7,644,6 %0,903,13
7,739,0 %1,033,58

À pH 7,2, un chlore libre lu entre 0,60 et 2,09 mg/L donne un chlore actif entre 0,4 et 1,4 mg/L.

Bornes arrondies au centième vers l’intérieur de la plage. Elles sont calculées avec les coefficients de l’abaque à 25 °C : elles ne sont pas reprises d’un texte officiel. Le tableau couvre la plage de pH de l’eau douce, de 6,9 à 7,7 ; hors de cette plage, c’est le pH qu’il faut corriger d’abord.

Trois exemples chiffrés

Trois relevés, le même calcul. Les résultats sont arrondis au centième.

  • Un relevé conforme

    Relevé
    Chlore libre 1,0 mg/L, pH 7,2
    Calcul
    1,0 × 66,9 % = 0,67 mg/L
    Résultat
    Dans la limite

    Rien à corriger. La lecture, le pH et le résultat s’écrivent au carnet.

  • Un chlore qui paraît suffisant

    Relevé
    Chlore libre 0,8 mg/L, pH 7,6
    Calcul
    0,8 × 44,6 % = 0,36 mg/L
    Résultat
    Sous la limite de 0,4 mg/L

    À pH 7,6, il faut lire au moins 0,90 mg/L. Remonter le chlore ou, si le pH est un peu haut, l’abaisser, puis refaire la mesure et l’écrire au carnet.

  • Une lecture au-dessus de 1,4

    Relevé
    Chlore libre 1,8 mg/L, pH 7,4
    Calcul
    1,8 × 56,0 % = 1,01 mg/L
    Résultat
    Dans la limite

    La limite de 1,4 mg/L porte sur le chlore actif, pas sur la lecture du photomètre. À pH 7,4, la lecture peut monter jusqu’à 2,49 mg/L.

Quand il n’y a rien à calculer

L’abaque n’est établi que pour une eau sans stabilisant. Dès que l’acide isocyanurique atteint 15 mg/L, le chlore à contrôler n’est plus le chlore libre actif mais le chlore disponible : la lecture du DPD n° 1, telle quelle, se compare à la limite.

  • Moins de 15 mg/L d’acide isocyanurique

    Chlore libre actif, calculé avec l’abaque : entre 0,4 et 1,4 mg/L.

  • 15 mg/L ou plus

    Chlore disponible, lu directement : entre 2 et 5 mg/L. Ni calcul, ni abaque.

  • Plus de 75 mg/L

    Limite dépassée : le stabilisant réduit l’action du chlore. On le fait baisser en renouvelant l’eau du bassin.

  • Eau de mer ou fortement minéralisée

    Hors du champ de cette page : l’arrêté les traite à part. Une eau est fortement minéralisée au-delà de 1 500 mg/L de résidu sec à 180 °C.

L’acide isocyanurique se mesure une fois par semaine. Sans cette mesure, on ne sait pas quelle limite s’applique.

Quel abaque, à quelle température

Les ARS ne diffusent pas toutes le même abaque. Celui de l’ARS Occitanie est établi à 25 °C, en l’absence de stabilisant : c’est lui dont les coefficients figurent dans cette page. La plaquette de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes publie le sien à 27 °C, pour une eau moyennement minéralisée, et renvoie à l’application du CIFEC pour les autres températures.

La part active baisse un peu quand l’eau se réchauffe, à pH égal. Dans un bassin chauffé ou un bain à remous, un abaque à 25 °C donne donc un résultat légèrement trop favorable.

Les cinq erreurs les plus fréquentes

  1. 01

    Multiplier le chlore total

    Le coefficient s’applique au chlore libre, lu au DPD n° 1. Avec le chlore total, qui inclut le chlore combiné, le résultat est trop haut et l’eau paraît mieux désinfectée qu’elle ne l’est.

  2. 02

    Prendre le pH d’une autre heure

    Le chlore et le pH se mesurent au même relevé. Un pH noté le matin ne dit rien du chlore mesuré l’après-midi.

  3. 03

    Appliquer l’abaque à une eau stabilisée

    À partir de 15 mg/L d’acide isocyanurique, l’abaque ne vaut plus : on compare le chlore disponible à la plage de 2 à 5 mg/L.

  4. 04

    Changer d’abaque en cours de route

    Deux abaques peuvent donner deux résultats pour le même relevé. Prenez celui de votre ARS et gardez-le, sinon les valeurs du carnet ne sont plus comparables.

  5. 05

    Se fier à une bandelette

    Les bandelettes et les trousses à l’orthotolidine sont proscrites. Le chlore se mesure au réactif DPD, au photomètre ou au comparateur optique.

Questions fréquentes

Comment calcule-t-on le chlore libre actif d’une piscine ?

On multiplie le chlore libre, lu au DPD n° 1, par la part active que l’abaque donne au pH mesuré. À pH 7,2, 1,0 mg/L de chlore libre donnent 0,67 mg/L de chlore actif (1,0 × 66,9 %). Le résultat doit rester entre 0,4 et 1,4 mg/L dans une eau sans stabilisant.

Quelle est la différence entre chlore libre et chlore actif ?

Le chlore libre est la somme de l’acide hypochloreux et de l’ion hypochlorite : c’est ce que mesure le DPD n° 1. Le chlore actif est la seule part d’acide hypochloreux, celle qui désinfecte vraiment. Sa proportion dépend du pH : 76,2 % à pH 7,0, 39,0 % à pH 7,7.

Quel chlore libre faut-il pour avoir 0,4 mg/L de chlore actif ?

Cela dépend du pH. Il faut lire au moins 0,53 mg/L à pH 7,0, 0,72 mg/L à pH 7,4 et 1,03 mg/L à pH 7,7. Le tableau de cette page donne le minimum et le maximum pour chaque pH de 6,9 à 7,7.

Existe-t-il une formule du chlore actif ?

L’arrêté n’en donne pas. L’abaque de l’ARS Occitanie suit la loi de dissociation de l’acide hypochloreux : part active = 1 ÷ (1 + 10^(pH − 7,5056)) à 25 °C, ce qui donne 76,2 % à pH 7,0. Le plus simple reste de lire l’abaque que votre ARS indique.

Comment faire quand l’eau est stabilisée ?

À partir de 15 mg/L d’acide isocyanurique, l’abaque ne s’applique plus. On lit le chlore disponible au DPD n° 1, sans calcul, et il doit rester entre 2 et 5 mg/L. L’acide isocyanurique lui-même ne doit pas dépasser 75 mg/L ; il se mesure une fois par semaine.

Faut-il tenir compte de la température de l’eau ?

Elle joue un peu : à pH égal, la part active baisse quand l’eau se réchauffe. L’abaque de l’ARS Occitanie est établi à 25 °C, celui de la plaquette de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes à 27 °C, et cette plaquette renvoie à l’application du CIFEC pour les autres températures. Retenez l’abaque que votre ARS vous indique.

Peut-on mesurer le chlore avec des bandelettes ?

Non. La plaquette de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes proscrit les bandelettes et les trousses à l’orthotolidine. La mesure se fait au réactif DPD, avec un photomètre ou un comparateur optique ; le photomètre se fait contrôler selon les préconisations du fabricant, en principe une fois par an.

Que faut-il écrire au carnet sanitaire ?

Les résultats des mesures faites sur place vont au carnet, rubrique 1°. Pour le chlore actif, écrire la lecture du chlore libre, le pH et le résultat permet à l’inspecteur de refaire le calcul. Si une limite est dépassée, la mesure prise s’écrit à côté de la valeur, rubrique 7°.

Calculer sans abaque

Le chlore actif recalculé à chaque relevé

Vous saisissez le chlore libre et le pH. Prélèvement Studio applique l’abaque à 25 °C de cette page, bascule sur le chlore disponible dès que le stabilisant atteint 15 mg/L, compare le résultat à sa limite et l’inscrit au carnet sanitaire. Sept jours d’essai, puis 99 € TTC par an, sans engagement.

L’auteur

Yan Berrabah

Concepteur de la gamme Cahier Autonome

À propos du site

Mis à jour le .

À lire aussi

Continuer

Sources

Chaque valeur et chaque affirmation de cette page vient de l’un de ces textes ou documents. Ils ont été consultés le .

Cette page cite les textes et donne leur adresse. Elle ne remplace ni leur lecture, ni l’avis de votre Agence régionale de santé, seule à pouvoir se prononcer sur votre établissement.